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Revue de presse, 21-27 mars 2012



Mali : Le coup d'État militaire largement condamné par la communauté internationale

Le coup d'État militaire du 21 mars 2012 au Mali mené par le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDR) du capitaine Amadou Sanogo, a été accueilli par une ferme condamnation de la communauté internationale, y compris la CEDEAO, l'UEMOA, l'UA et l'ONU. Le Président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, a déclaré dans un communiqué : « la Commission désire... réitérer la politique de « tolérance zéro » de la CEDEAO quant à toute tentative de prendre ou de conserver le pouvoir par des moyens non constitutionnels ». Ouédraogo a également confirmé que la CEDEAO continuerait à suivre de près la situation au Mali dans le but de rétablir la paix. Le coup d’État est survenu alors que le pays se préparait à des élections présidentielles prévues pour le 29 avril 2012. Le Président Amadou Toumani Touré, qui avait décidé de ne pas se présenter à nouveau aux élections, a pu fuir à temps son palais présidentiel. Le CNRDR a déclaré qu'il avait pris le pouvoir du fait de « l'incapacité » du gouvernement en place à mettre fin à la rébellion touareg dans le nord du Mali. L'avenir du Mali demeure incertain.



Sénégal, une transition démocratique pacifique : Sall remporte la victoire face au Président Wade

Bien que les résultats officiels du second tour des élections du 25 mars 2012 n’aient pas encore été publiés, les premières tendances montrent que l'ancien Premier ministre Macky Sall bénéficie d’une avance marquée sur le Président sortant Abdoulaye Wade. Quelques heures seulement après la clôture du scrutin, Wade avait appelé Sall à reconnaître sa défaite. Dans son premier discours en tant que président élu, Sall a déclaré que « l’ampleur de cette victoire aux allures de plébiscite exprime l’immensité des attentes des populations ». Sall était soutenu par une coalition de partis d'opposition. Il a mené sa campagne sur la plate-forme de la réforme économique et des prestations de services. Ses promesses les plus concrètes incluent le passage du mandat présidentiel de sept à cinq ans, ainsi que l’adoption de mesures qui contribueront à la réduction des prix des denrées alimentaires de base. La victoire de Sall intervient après des mois de protestation centrée sur le fondement constitutionnel de la candidature de Wade à un troisième mandat. Ingénieur géologique âgé de cinquante ans, Sall a déjà servi en tant que ministre des Mines et de l'énergie. Il deviendra le 4ème président sénégalais depuis l'indépendance du pays, le 1er avril 2012, date de son inauguration officielle.



La CEDEAO organise un colloque sur la Politique industrielle commune

Un symposium régional sur la Politique industrielle commune de l’Afrique de l’Ouest (PICAO) se tiendra du 28 au 30 mars 2012 à Lomé, dans le but de mobiliser les parties prenantes nationales et communautaires à la sensibilisation autour du PICAO et sa mise en œuvre. Le symposium s’ouvrira avec une session d’experts des secteurs public et privé et s’achèvera avec une réunion des ministres de la CEDEAO chargés de l'Industrie. Les thèmes qui seront abordés comprennent le Schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO, l’élaboration d'un Code commun d'investissement régional de la CEDEAO, le renforcement de l’accès aux marchés des biens manufacturés, et l’initiative agrobusiness de la CEDEAO. Le symposium vise également à obtenir l'appui des banques régionales et des agences de développement, ainsi que de partenaires financiers et techniques, qui pourraient assister la mise en œuvre de la PICAO.



Une campagne de vaccination à l'échelle régionale contre la polio

Une campagne de vaccination contre la poliomyélite a été lancée le 23 mars 2012 dans vingt pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, avec pour objectif de vacciner plus de 110 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans. Le Nigeria, le seul pays endémique en Afrique, cherche à atteindre 57,7 millions d'enfants au cours de la campagne. Les efforts déployés dans les 19 autres pays sont en réponse à une évaluation de l'OMS qui a montré que depuis 2008, seuls cinq pays d’Afrique de l’Ouest ont atteint ou maintenu le taux de couverture requis de 90 %. « Aujourd’hui, les pays d’Afrique de l'Ouest et centrale mobilisent plus de vaccinateurs et de volontaires que jamais auparavant. Rendre l'Afrique exempte de la polio est à notre portée », a déclaré le Directeur régional de l'UNICEF pour l’Afrique de l'Ouest et du Centre, David Gressly. Cependant, certains sont préoccupés par l'instabilité actuelle dans la région, en particulier au Nigeria et au Mali, qui pourrait menacer le succès de la campagne.



La CEDEAO se tourne vers l’harmonisation du droit du travail en Afrique de l’Ouest

Lors d'une réunion tenue à Lomé du 12 au 14 mars 2012, le Forum du dialogue social de la CEDEAO a finalisé les termes de référence pour un consultant qui contribuera à l’harmonisation des lois du travail dans la région, afin de faire progresser la mise en œuvre de la Politique de l'emploi et du travail de la CEDEAO. Lors de la cérémonie d'ouverture, la Commissaire de la CEDEAO pour le Développement humain et le genre, Adrienne Diop, a souligné les avantages liés à l'harmonisation des lois du travail, notamment l’incitation à la création d'emplois, le maintien de la paix sociale et l’amélioration des conditions de travail. Dans l'ensemble, l'harmonisation vise à améliorer l'environnement de travail des migrants, à stimuler la productivité et à favoriser le développement dans l’espace de la CEDEAO. Étaient présentes les acteurs-clé internationaux du travail et de l'emploi, dont l'Organisation internationale du Travail.



BRVM : Débat sur une nouvelle stratégie de la bourse ouest-africaine
 
Les douze administrateurs de la Bourse ouest-africaine (Banque régionale des valeurs mobilières, BRVM) se sont réunis à Dakar le 5 mars 2012 pour discuter de l'adoption d'une nouvelle stratégie qui contribuera à redynamiser la position financière des huit pays membres de l'UEMOA. Ceux en faveur d’une réforme plus drastique appellent à un triple objectif central qui met l'accent sur l’accroissement du nombre d'introductions, du volume des transactions et de la capitalisation. La mise en place d'indicateurs de performance sera également un aspect-clé de cette nouvelle stratégie. Gabriel Fal, Directeur général de la Bourse CDF (filiale de la BRVM) a suggéré que la BRVM vise cinq introductions par an, y compris de large introductions, telles que la Sonatel. Par ailleurs, deux banquiers devraient bientôt remplacer l'actuel chef de la BRVM, Jean-Paul Gillet. Des plaintes contre l'équipe actuelle de la BRVM mentionnent entre autres l'utilisation abusive des bénéfices acquis auprès de la société d'exploitation.



La Ministre des Finances du Nigeria désignée candidate à la Présidence de la Banque mondiale

Les Ministres des Finances de l'Angola, du Nigeria et de l'Afrique du Sud ont tenu une conférence de presse à Pretoria le 23 mars 2012 pour annoncer leur intention de désigner la ministre des Finances du Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala, candidate à la présidence de la Banque mondiale. Mme Okonjo-Iweala a une longue carrière au sein de la Banque mondiale qui a commencé en 1982. Elle a depuis servi  alternativement la Banque mondiale et le gouvernement nigérian à des postes ministériels. En 2007, elle a été nommée Directrice générale chargée des opérations en Asie du Sud, Asie centrale, Europe et Afrique. Les deux autres candidats en lice pour le poste sont le Ministre colombien des Finances, José Antonio Ocampo, et le candidat soutenu par les États-Unis, Jim Yong Kim. Ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, Domenico Lambardi, note que « C'est la première fois dans l'histoire que nous avons une élection véritablement disputée. » Le Conseil d'administration de 25 membres de la Banque mondiale devrait procéder à un processus de sélection « transparent et fondé sur le mérite » et prendre une décision d’ici le 20 avril 2012.



Un expert en développement de Guinée-Bissau nommé à la tête de la CEA

Carlos Lopes a été nommé le 23 mars 2012 par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, nouveau Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA). Il succédera à M. Abdoulie Janneh de Gambie. Lopes a travaillé plus de 24 ans avec l'ONU et il est actuellement Directeur exécutif de l'Institut de recherche et de formation de l'ONU (UNITAR) et Directeur de l'École des cadres des Nations Unies. Selon une déclaration faite par le représentant de Ban Ki-Moon, « M. Lopes a l'intention de concentrer son action sur la recherche d'un consensus entre les divers intervenants, afin de veiller à ce que la CEA soit un acteur-clé du programme de développement économique et social pour l'Afrique. » Faisant partie des cinq commissions régionales de l'ONU, la mission de la CEA se concentre sur la promotion de l'intégration intra régionale ainsi que du développement économique et social de ses États membres.



L'Organisation internationale du cacao considère la relocalisation de son siège à Abidjan

À l'ordre du jour d’une réunion qui se tiendra la semaine du 26 mars 2012, figure la relocalisation de Londres à Abidjan du siège de l'Organisation internationale du cacao. Le Président Ouattara a offert d’abriter l'ICCO gratuitement pour les dix années à venir. La relocalisation à Abidjan a été débattue ces dix dernières années, mais elle a été reportée du fait de l'instabilité dans le pays. Depuis son élection, Ouattara a introduit des réformes pour le secteur du cacao, comme les ventes à terme, qui visent à améliorer la stabilité des prix et à garantir aux agriculteurs une plus grande part du revenu. Bien que l'incertitude initiale quant aux ventes des actions ait causé des fluctuations de prix à la fin de l'année 2011, les plus grands acheteurs ont à présent commencé à y participer. La décision de relocalisation « représenterait un vote de confiance dans le pays ouest-africain moins d'un an après sa sortie d'une guerre civile sanglante. » Le gouvernement ivoirien sera également l'hôte de la première Conférence mondiale de l’ICCO sur le cacao, prévue en novembre 2012.



Guinée-Bissau: Le candidat de l'opposition refuse de participer au second tour du scrutin

Les résultats officiels de la Commission nationale électorale (CNE) pour les élections présidentielles du 18 mars 2012 ont révélé que l'ancien Premier ministre, Carlos Gomes Junior, qui a remporté 49 % des votes, affrontera, lors du second tour prévu le 22 avril 2012, l'ancien Président, Kumba Yala, qui se place en seconde position avec 23 % des voix. Après Yala, le candidat indépendant, Manuel Serifo Nhamajdjo, arrive en troisième position avec 16 % des voix, et l’ex-président de la transition, Henrique Rosa, en quatrième position avec 5 %. Yala a déclaré toutefois : « Je ne vais pas participer à un second tour, ou même un troisième tour de l'élection, parce que ces élections sont frauduleuses. » Les cinq candidats de l'opposition ont retiré leurs représentants de la CNE et ont appelé à la création d’une commission juridique pour évaluer leurs revendications. Selon une source de la CNE, la Commission a ouvert une enquête le 23 mars 2012.


Publications

FMI : Rapport des services sur les Politiques communes pour les pays membres de l'UEMOA

Ce rapport du FMI a été publié suite à des discussions avec les responsables de l'UEMOA, en janvier 2012, sur les derniers développements économiques et politiques. Après avoir détaillé les défis auxquels était confrontée l'UEMOA en 2011, à savoir la crise politique en Côte d'Ivoire, la sécheresse dans le Sahel, l'augmentation des prix alimentaires et de carburants, le rapport salue « la gestion macroéconomique saine des autorités régionales, qui a contribué à contenir l'inflation et maintenir la stabilité financière à travers la région en 2011. » Le rapport a également noté que des tests de stress ont démontré que la région a un secteur financier résilient, mais il encourage toujours les pays membres de l'UEMOA de mettre en place une réglementation et des mesures de contrôle supplémentaires, afin de répondre aux meilleures pratiques internationales. D’autres recommandations concernent la nécessité de réduire le déficit budgétaire de tous les pays membres sur le moyen terme, tout en tenant compte des besoins urgents de la région en matière d’infrastructures.


Eau et sécurité alimentaire, quels défis et quelles solutions ?

Ce rapport préparé par le Ministère français de l'Agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire fournit quarante exemples de solutions potentielles, ainsi que sept priorités dans le traitement des questions de l'eau et de la sécurité alimentaire. Il met en évidence l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) comme un exemple d’une institution qui a contribué à accroître l'efficacité des systèmes d'irrigation. Le « puits du désert » dans le nord du Niger et l'irrigation complémentaire dans la vallée du Sourou du Burkina Faso ressortent en tant moyens de renforcement des stocks et de mobilisation des nouvelles ressources, tout en surveillant les facteurs sociaux et environnementaux. Le document souligne également l'importance du développement de stratégies agricoles régionales durables, citant l’Afrique de l'Ouest comme un exemple-clé. Les autres priorités discutées dans le document incluent le soutien aux petites exploitations, afin d'encourager le développement rural durable, et l’augmentation de la productivité de l'agriculture pluviale.

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